Explication du plan d’aménagement des espaces marins pour la Belgique 2026-2034
28/09/2026
De nombreuses activités se déroulent dans notre mer du Nord belge, de la navigation maritime à la production d’énergie éolienne offshore. Afin de trouver un équilibre dans les intérêts des différentes parties prenantes, un plan d’aménagement des espaces marins est essentiel. La Belgique a élaboré son premier plan d’aménagement des espaces marins en 2014 et est ainsi devenue une pionnière à l’échelle internationale. Mais en quoi consiste réellement un tel plan ? Nous avons posé la question à notre planificateur des espaces marins, Jesse Verhalle.
Bonjour Jesse, en tant que planificateur des espaces marins au service Milieu marin du SPF Santé publique, vous êtes directement impliqué dans l’élaboration du plan d’aménagement des espaces marins en Belgique. Que retrouve-t-on dans un tel plan ?
Jesse : « Un plan d’aménagement des espaces marins présente un aperçu structuré de l’aménagement de l’espace et des activités en mer. Les routes de navigation maritime, les parcs éoliens offshore, les zones naturelles protégées et les réserves marines, les sites d’immersion de produits de dragage, les zones d’extraction de sable, les zones d’ancrage, les ports… Tout y est répertorié. Le patrimoine culturel subaquatique se retrouve, par exemple, aussi dans ce plan : pas moins de 300 épaves de navires reposent dans notre mer du Nord belge depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour une quarantaine d’entre elles, des mesures de protection spéciales s’appliquent en raison de leur grande valeur historique. »
Pourquoi la planification des espaces marins est-elle si importante pour la mer du Nord belge ?
Jesse : « La taille de notre mer du Nord belge est limitée, et elle est très fréquentée. Ces éléments rendent la gestion optimale des différentes activités offshore particulièrement compliquée. Comment déterminer quelle fonction occupe quelle place ? Et comment concilier la croissance économique avec le respect des écosystèmes marins ? La réponse à ces défis est la planification des espaces marins : il s’agit d’un instrument incontournable pour organiser l’espace disponible en mer de manière réfléchie et durable, aujourd’hui comme demain. »
Comment élaborer un plan d’aménagement des espaces marins ? Quelles parties sont impliquées dans ce processus ?
Jesse : « Le plan d’aménagement des espaces marins relève de la compétence du ministre de la mer du Nord et est élaboré par le service du Milieu marin où je travaille. Avant de commencer le travail, nous organisons un événement de lancement auquel tous les citoyens et parties concernées peuvent participer. Chacun peut soumettre des propositions. Nous examinons ensuite comment concilier les différents intérêts. Pour y parvenir, nous discutons avec les parties concernées. Dès que notre plan est terminé, nous le présentons au comité consultatif et ensuite au public, par le biais d’une enquête publique. Enfin, le plan d’aménagement des espaces marins est approuvé par le conseil des ministres. Pendant le processus d’élaboration, nous consultons également nos pays voisins : la collaboration transfrontalière favorise la création d’un plan de qualité. »
En 2014, la Belgique a créé son tout premier plan d’aménagement des espaces marins et a ainsi pris le rôle de pionnière en la matière en Europe. Entre-temps, la planification des espaces marins est devenue obligatoire pour tous les pays européens. Qu’est-ce que cela signifie ?
Jesse : « La planification des espaces marins tire son origine de la Grande Barrière de corail en Australie : les Australiens ont été les premiers à le faire. La Belgique a toutefois été la première en Europe à élaborer un plan entièrement intégré pour tout le secteur en 2014. Cette même année, l’Europe a adopté une nouvelle directiven qui obligeait chaque État membre à créer un plan d’aménagement des espaces marins avant mars 2021. Cette échéance n’a toutefois pas été respectée par tous les pays. À l’heure actuelle, la Belgique en est à son troisième plan d’aménagement des espaces marins. Les deux premiers ont été utilisés pendant un cycle de six ans. Avec la nouvelle loi de protection du milieu marin, le troisième plan, qui est également le plan actuel, devrait être utilisé pendant un cycle de huit ans. De toute évidence, il est possible d’apporter des modifications intermédiaires, même si cela reste un processus très intensif. »
Quels sont les objectifs du plan d’aménagement des espaces marins belge actuel ?
Jesse : « Au moment de créer un nouveau plan d’aménagement des espaces marins, je pense toujours d’abord à l’intérêt commun. Nous voulons bien sûr que toutes les parties soient satisfaites, mais il doit, par exemple, y avoir un bon compromis entre le développement économique et la préservation de la nature. Alors que les deux premiers plans mettaient principalement l’accent sur la création de nouvelles activités, nous souhaitons avec ce troisième plan, mieux protéger les richesses de notre paysage marin. Nous avons ainsi défini une zone de six milles marins le long de la côte, où aucune nouvelle construction fixe n’est autorisée. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour la navigation de plaisance, les habitants de la Côte et la migration des oiseaux. Nous travaillons également à la restauration des huîtres comme tremplin vers des écosystèmes en meilleure santé. »
Tout cela semble très prometteur. Merci Jesse pour cette conversation intéressante et pour votre précieuse contribution au plan d’aménagement des espaces marins de Belgique !
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