Pourquoi est-il interdit de traverser les parcs éoliens ? Jeroen, conseiller politique, nous l’explique

05/09/2025

Bonjour Jeroen, en tant que responsable pour le volet « mer du Nord et sécurité maritime », vous garantissez la sécurité au sein des parcs éoliens belges. Comment déterminez-vous où il est autorisé et interdit de naviguer?

Jeroen : « Nous nous basons pour cela sur la réglementation européenne. En effet, il existe différentes zones maritimes. Les eaux territoriales s’étendent jusqu’à 12 milles nautiques du littoral. Les compétences nationales peuvent prendre des décisions à propos de cette zone. Les parcs éoliens belges se trouvent en dehors et relèvent donc des compétences internationales.

Nos parcs éoliens se trouvent également au sein de la Zone économique exclusive de la Belgique. Il s’agit d’une zone maritime que notre pays peut exploiter pour construire des éoliennes, par exemple. Même si les navires peuvent normalement y naviguer librement, nous avons malgré tout le droit d’interdire l’accès à nos parcs pour des raisons de sécurité. Bien sûr, nous ne pouvons pas construire de parcs éoliens sur des routes de navigation existantes. »

Comment détectez-vous les intrusions ? Quels appareils utilisez-vous ?

Jeroen : « Nous collaborons avec le Carrefour d’Information Maritime (CIM) de Zeebruges. Cette organisation de coordination regroupe le SPF Mobilité et Transports, la Garde côtière belge, la Douane, la Composante Marine de la Défense et les Services de l’Environnement. Mais en réalité, n’importe quel fonctionnaire en mer peut signaler une infraction et prévenir notre service. Le personnel des parcs éoliens a également le droit de le faire.

La surveillance des parcs éoliens est donc une mission commune. Nous utilisons le système AIS (système d’identification automatique) à bord de chaque bateau, ce qui indique sa position. Les pêcheurs et les grands navires doivent toujours garder le signal allumé ; les bateaux de plaisance n’ont pas cette obligation, mais cela leur est fortement conseillé. Le système fonctionne sur la base d’un radar, relié à des satellites et des stations terrestres. Des tests avec des drones de la Commission européenne sont actuellement en cours. »

Pourquoi est-il interdit de naviguer dans les parcs éoliens belges ?

Jeroen : « C’est une simple question de sécurité. En cas d’urgence, il est compliqué d’effectuer une mission de sauvetage dans cette zone. Il n’est pas aisé de voler avec un hélicoptère entre les éoliennes. Il est également très complexe de secourir des personnes avec un bateau de sauvetage. Un parc éolien masque une grande partie du champ de vision et interfère d’ailleurs avec les images radar. Bien entendu, le bateau peut également endommager les infrastructures des éoliennes. Les dommages aux câbles peuvent rapidement s’élever à plusieurs centaines de milliers, voire à des millions d’euros. Mais notre première priorité est la sécurité des personnes. »

 

Quelle est votre approche en cas d’intrusion ?

Jeroen : « Lorsque nous constatons une intrusion, nous dressons un procès-verbal. Il peut s’agir d’un navire qui pénètre dans la zone des parcs éoliens, mais aussi d’un pêcheur qui pêche à la ligne là où c’est interdit, ou d’une personne qui navigue à contresens. Nous pouvons généralement identifier le bateau et le propriétaire. Les navires internationaux n’échappent pas non plus à notre vigilance. Les règles sont les mêmes pour tout le monde.

Nous ne distribuons pas les amendes nous-mêmes, c’est le travail du service administratif. Ils analysent chaque cas séparément. Est-ce que la personne a navigué en plein milieu du parc ou est-ce qu’elle a longé la zone contiguë ? Était-ce la première fois ? S’agissait-il d’un bateau de plaisance ou d’un navire commercial ? Les frais peuvent rapidement grimper. Différents navires commerciaux se sont déjà vu infliger des amendes pouvant aller jusqu’à 35.000 €. Un bateau de plaisance qui pénètre une seule fois dans une zone contiguë peut également recevoir une amende allant jusqu’à 250 €. Nous suivons les barèmes tels qu’ils sont établis par la loi. »

Est-ce qu’une personne en infraction reçoit une deuxième chance ?

Jeroen : « Nous sommes stricts, mais humains. Notre procès-verbal n’est pas encore une amende. Nous prévenons le propriétaire, mais nous lui donnons toujours l’opportunité de se justifier. Si la justification est plausible, nous pouvons l’accepter. La sécurité reste la priorité. Si vous devez changer de trajectoire à cause d’une panne ou d’une voile déchirée, il est effectivement préférable de vous mettre sur le côté plutôt qu’au milieu de la route de navigation.

Les règles peuvent varier en fonction des pays. En Angleterre, vous pouvez naviguer à travers les parcs éoliens, aux Pays-Bas, parfois oui, parfois non, et en Belgique, jamais. Cela peut évidemment créer de la confusion, mais les règles sont cependant toujours indiquées sur les cartes de navigation. Si nous sommes un jour dans un navire de patrouille et que nous voyons qu’un bateau de plaisance se dirige vers les parcs, nous allons toujours le prévenir. Mieux vaut prévenir que guérir. »

Merci, Jeroen, pour cet intéressant entretien. Nous espérons sincèrement que le nombre d’intrusions atteigne bientôt zéro !

Vous voulez contribuer à la surveillance de la sécurité au sein de nos parcs éoliens et informer les autres à propos des règles d’intrusion ?

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